► La France est-elle en déclin ? En fait, il faudrait mieux parler d'effondrement, car la France est le pays des records, mais des records négatifs, associés à une accumulation d'aberrations, montrant un problème structurel profond reposant sur un déclenchement politique.
► En 2023, le coût horaire moyen du travail dans l’UE (secteur marchand, entreprises ≥ 10 salariés) était d’environ 31,8 €/heure. En France, ce coût est beaucoup plus élevé : 42,7 €/heure selon l’Insee pour 2023, mais la part des coûts non salariaux est très élevée : 32,2 % du coût total du travail (cotisations patronales, charges sociales, etc.). Le coût élevé du travail est politique, mais ne correspond plus à une formation professionnelle élevée, ou même à un bon niveau scolaire. Par ailleurs, une politique d’allégement des cotisations patronales sur les bas salaires a été mise en œuvre depuis 1993; en 2024, le taux de cotisation est de 7 % au niveau du SMIC, de 40 % pour un salaire de 1,6 SMIC et de 47 % pour un salaire de plus de 3,5 SMIC. La France a choisi de fixer le salaire minimal au niveau le plus élevé d’Europe par rapport au salaire médian, pour limiter le nombre de travailleurs pauvres, et de diminuer le taux des cotisations sociales au niveau du SMIC, pour limiter le coût du SMIC pour les entreprises, une politique qui profite beaucoup aux immigrés très faiblement qualifiés, avec un salaire disproportionné, mais l'augmentation des salaires est bloquée par l'augmentation des charges qui deviennent rédhibitoires pour l'employeur, et même pour le salarié, créant une "trappe à bas salaires". L'augmentation du salaire ne permet que faiblement l'amélioration du niveau de vie du fait d'une augmentation conjointe des prix liée aux salaires trop élevés. En 2020, la France se classe au 23e rang pour le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat (PPA), légèrement au-dessus de la moyenne de l'Union européenne. En classement par PIB en PPA, la France est la 9e puissance économique. Le Royaume-Uni malgré le Brexit a dépassé la France, ou plutôt la France a reculé derrière le RU, de même l'Italie a dépassé la France pour le PIB par habitant. Depuis des années, la position de la France se dégrade, et ne peux que continuer dans cette chute sans fin.
► Le site Numbeo classe la France par indice de criminalité en 39ᵉ position, la criminalité la plus forte de tous les pays européens, avant le Mexique, l'Algérie ou l'Ouganda. Premier de l'Europe pour la consommation de marijuana, malgré une répression forte, premier pour le vol de voitures avant l'Italie. D’après les données d’Eurostat, la France est première pour le vol de voiture (70.000 vols), suivie de l’Italie (110 000), de l’Allemagne (39 000) et des Pays-Bas (22 000), avec une forte différence avec l'Allemagne. La France se situe dans la moyenne haute en termes de taux de cambriolages par habitant, mais loin derrière les pays les plus touchés comme la Belgique ou l’Angleterre. Les chiffres objectivent une criminalité réelle, très loin du simple sentiment d'insécurité.
► La France a le record du nombre de logements sociaux, avec l'Autriche (mais pour des raisons historiques), sans pour autant résoudre le problème du logement, bien au contraire, avec une SMICardisation de la société, environ 70 % des ménages répondent aux conditions d’attribution d’un logement social en 2025. Cela signifie que la grande majorité des foyers français, en fonction de leurs revenus, pourraient théoriquement accéder au parc HLM, même si tous ne déposent pas de demande, mais avec près de 2,8 millions de ménages en attente et un taux d’attribution historiquement bas de 14 %, un fossé se creuse entre ceux qui ont un logement social, sans taxe foncière, ni frais de transmission, avec des multitudes d'avantages, de gratuité, et de l'autre côté ceux qui vont supporter tous les impôts locaux, avec un coût très élevé, une obligation de s'éloigner de la ville, qui ne peuvent payer un logement correct dans le privé, avec impossibilité de fonder une famille. Le prix des logements est en moyenne supérieur de 30% à celui de l'Allemagne, et c'est la première dépense des foyers, entrainant un effondrement du niveau de vie des Français. En plus se rajoutent des problèmes de drogues, de violence, de communautarisme dans les cités, mais aussi de gestion, avec des logements qui sont sous-loués, pour des travailleurs illégaux, des AirB&B, ou occupés par des ménages qui ne répondent plus aux conditions initiales, ou dont la taille des logements n'est plus adaptée.
► Dans les années 1990, la balance commerciale était positive, mais depuis 2003, la France est devenue un marché d'importation, la balance commerciale est négative, et ne fait que s'aggraver depuis. En septembre 2025, le déficit commercial de la France s'est creusé à 6,6 milliards d'euros, dépassant les prévisions de 5,9 milliards d'euros. 2024 a de nouveau connu un déficit de plus de 100 Md€, et reste dans les plus hauts historiques. L’importation de produits énergétiques reste la première cause du record de notre déficit commercial, suivie de près par le déficit industriel de la France, même la balance agricole est en 2025 devenue négative alors qu'elle était largement positive depuis 50ans, et ce, malgré des avantages incontestables, en particulier dans l'agriculture.
► La désindustrialisation en France a commencé dans les années 1970, marquée par une baisse continue de la part de l'industrie dans le produit intérieur brut (PIB). En 1974, l'industrie représentait environ 24 % de la valeur ajoutée, tandis qu'en 2019, ce chiffre était tombé à environ 13,4 %. Ce déclin s'est accompagné de la perte de près de deux millions d'emplois industriels au cours des quarante dernières années. À l'heure actuelle, la France est au niveau de la Grèce. Les causes de la désindustrialisation sont multiples, beaucoup sont communes avec les autres pays, mais la France en accumule d'autres avec perte de savoir-faire, perte de compétitivité avec les 35h, l'augmentation des charges et des impôts...
► La France vient de battre un triste record : le nombre de procédures de défaillances d'entreprises s'élève à 67 830 en 2024, un niveau record depuis au moins 2009, après un minimum en 2022 pour cause de COVID.
► La dernière étude PISA, portant sur l’année 2024 montre que la France se classe 23ᵉ en mathématiques, 28ᵉ en lecture et à nouveau 26ᵉ en sciences sur les 85 pays participants. En plus, l'équivalent de 2 500 professeurs manquait au matin de la rentrée des classes 2025, malgré le recours à des contractuels. En 2024, 11,7 % des postes n’avaient pas été pourvus. Cette baisse n’est pas conjoncturelle, mais s’inscrit dans le temps long. Pour le concours de professeur des écoles (CRPE), des quelque 250 000 candidats en 2017, il n’en reste plus que 75 000 aujourd’hui. Entre 2017 et 2023, le nombre d’inscrits au Capes a, quant à lui, chuté de 41 % – avec des baisses bien plus fortes dans certaines matières (maths, sciences, allemand…), En 2023, la note minimum à obtenir pour être lauréat du CRPE est de 4/20 dans l’académie de Créteil, 7/20 dans celle de Versailles et 15/20 dans celle de Rennes. Les démissions d’enseignants augmentent fortement, en particulier pour les stagiaires et les enseignants débutants, ainsi que les mises en disponibilité, analogue à un congé sabbatique. D'autres vont se mettre en arrêt maladie. Mais la baisse du niveau des élèves est aggravée par la baisse du nombre et du niveau des professeurs, ce qui montre la profondeur de la dégradation de tout le système, et la difficulté de repartir.
► Selon les données de l'OCDE, sur 38 pays les plus développés (Europe, Amérique et Asie), la France se classe en tête, avec 46,1% du PIB consacré aux prélèvements obligatoires. En plus la France est championne avec la Corée et le Japon, pour les impôts sur l'héritage.
► En France, environ 45 à 50 % des foyers fiscaux sont imposés à l’impôt sur le revenu, alors que dans les pays nordiques (Suède, Danemark, Norvège), la proportion est plus élevée, souvent 70 à 80 %, car l’assiette est large et les exonérations limitées, et la moyenne de l'OCDE est de 65 % des ménages. En France, 10 % les plus riches payent 75 % de l’IR, 1 % des plus riches payent 45 % de l’IR, 0,1 % des plus riches payent 13 % de l’IR, ce qui traduit la SMICardisation de la société.
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